vendredi 29 avril 2011

Idées et principes directeurs 1

Cher co-conspirateur, je n’ai pas encore de plan bien défini à te proposer, mais je propose que nous établissions en premier lieu quelques règles d’écriture, puis que nous nous lancions dans la rédaction… et nous verrons bien en chemin où ça nous mène. Si ton sens de la structure est outré par une telle proposition, je suis aussi tout à fait ouvert à une phase anté-écriture de mise en plan. Dis-moi ce que tu en penses.

Ecriture à quatre mains :

- Le plus évident serait que nous travaillions chacun un personnage différent, et de même que nous écrivions chacun un chapitre alternativement – pour le moins dans un premier temps. On pourrait imaginer une intrigue réunissant éventuellement nos deux personnages – dont les histoires se déroulaient jusque-là séparément – à un moment clef et poursuivant ensuite leur « quête » ensemble.
- Si une telle idée t’agrée, un minimum de travail préparatoire en commun est nécessaire. Nous pouvons laisser libre cours à notre imagination et notre fantaisie pour créer notre personnage et son environnement social, ainsi que sa « voix narrative ». Ce qu’il nous faut néanmoins, c’est une bribe d’intrigue et une idée de direction générale, afin que plus tard la rencontre de nos héros soit cohérente et même, j’ose dire, nécessaire.

Intrigue :

- C’est le plus difficile ! – à mon avis. D’abord entendons-nous sur un genre. Je vote, quant à moi, pour une intrigue « policière » - c’est-à-dire un mystère qui déclenche l’histoire et une recherche subséquente de sens et d’informations (bien sûr avec plus ou moins d’ironie) – et pourquoi ne pas flirter aussi, si on le sent, avec le fantastique ou la science-fiction… Je pense qu’il ne faut pas avoir peur de se laisser porter par notre imagination…
- De même, je pense qu’il serait intéressant que notre histoire dessine, tout du moins en arrière-plan, un portrait de notre génération ( !! – soyons un peu ambitieux tout de même). Que nos personnages s’inscrivent dans le temps et le milieu qui sont les nôtres, enfin que nous parlions un peu des « illusions perdues » des trentenaires d’aujourd’hui… Qu’en penses-tu ? Idéalement, notre idée de mystère devrait servir cette idée : la « quête » serait alors une allégorie de la recherche de sens pour notre époque – yeah !!
- Voici, grosso modo, ce que j’imagine : au départ donc deux personnages, l’un à NY – le mien – l’autre où cela te chante, bien entendu (mais j’ose imaginer Paris). Ils ne se connaissent pas mais ils ont un ami en commun. Cet ami serait un personnage énigmatique et secret qui les fascinerait l’un et l’autre chacun à sa façon. Or, un beau jour, cet ami disparaitrait dans des circonstances mystérieuses… Nos deux personnages se lanceraient alors, chacun de leur côté, à la recherche de leur ami. Ils découvriraient alors parallèlement des informations différentes sur l’individu, perceraient chacun de leur côté une série de secret le concernant – découvrant alors toutes sortes de choses fascinantes, n’est-ce pas : par exemple, qu’il n’est pas celui qu’il prétendait être, qu’il est impliqué dans des mystères cosmiques ou des intrigues internationales, que sais-je… - puis finalement se retrouveraient ensemble… Dans ma tête le mystérieux ami de nos personnages a déjà un nom : Rachid Alpharabius Paprika (Alpharabius étant le nom latinisé du grand philosophe musulman Al-Farabi…ouvrant la porte à des choses mystiques et merveilleuses… Tu connais mes penchants), et notre histoire s’appelle « La mystérieuse disparition de Rachid Alpharabius Paprika ».

La quête – principe directeur :

- Pour la quête, et la découverte successives de « secrets », j’aimerais m’appuyer sur un texte du philosophe slovène Slavoj Zizek, dans un texte publié dans le London Review of Books dont voici un court extrait (je pourrais te transmettre le texte intégral si tu le désires) :

« Consider too the renewed popularity of Leo Strauss: the aspect of his political thought that is so relevant today is his elitist notion of democracy, the idea of the ‘necessary lie’. Elites should rule, aware of the actual state of things (the materialist logic of power), and feed the people fables to keep them happy in their blessed ignorance. For Strauss, Socrates was guilty as charged: philosophy is a threat to society. Questioning the gods and the ethos of the city undermines the citizens’ loyalty, and thus the basis of normal social life. Yet philosophy is also the highest, the worthiest, of human endeavours. The solution proposed was that philosophers keep their teachings secret, as in fact they did, passing them on by writing ‘between the lines’. The true, hidden message contained in the ‘great tradition’ of philosophy from Plato to Hobbes and Locke is that there are no gods, that morality is merely prejudice, and that society is not grounded in nature. »

Voilà, c’est bien vague, mais je pense que cela peut servir de départ. Bien sûr si tout cela te déplaît, je suis ouvert à toutes suggestions : préfèrerais-tu un roman d’étude de mœurs placé dans un microcosme parisien, ou une histoire de vaisseaux spatiaux, je serais tout aussi intéressé… De même, si tu souhaites procéder autrement, discutons-en.
J’attends donc anxieusement tes suggestions, idées, désirs, etc., de même que ton idée de « mystère ».
En attendant, je vais poster très bientôt (j’espère ce soir – heure new-yorkaise) une ébauche de premier chapitre.
Au boulot !!

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