Ça me botte !
Je prends donc le parisien, et je sais tout à fait déjà comment le tourner. Je ne vois pas bien ce que Zizek fera pour nous, mais envoie donc le texte entier si tu l'as sous la main... En revanche, à la lumière du paragraphe que tu cites, un homme apparaît clairement : Pythagore, qui refusait que ses disciples écrivent quoi que ce fût, et s'en ait lui-même obstinément abstenu. Aucun texte conservé, tout juste des anecdotes léguées par Aristote, Cicéron, Laërce, etc. Je ne sais pas si tu as fréquenté le bonhomme et sa secte, mais ça vaut le coup d'oeil ; question mystique et mystère, ça se pose là. Va faire un tour sur wiki pour te rafraîchir la mémoire au besoin. >Cela dit, dans le paragraphe de Zizek, on note plutôt le contraire : les philosophes cacheraient leur savoir ésotérique -- il n'y a pas de Dieu -- dans leurs textes tout ce qu'il y a de plus exotériques. Pythagore, c'est le contraire : il est très branché divinité, mais n'écrit rien. Un anti-philosophe Zizekien en somme. Bref. Juste une idée comme ça. Je me lance en attendant sur le parisien.
vendredi 29 avril 2011
1. David Bardessieu, petit con imbu de lui-même
Oisif en ce samedi matin, David Bardessieu avait décidé d’aller se promener et de faire les boutiques sur Madison – avec probablement déjà l’intention, mais non encore expressément formulée, simple intuition s’élaborant afin de donner un sens à sa sortie, d’acquérir quelque babiole onéreuse à offrir ensuite avec une tendre désinvolture à l’une de ses girlfriends, puis... de récolter en sybarite raffiné la juste gratitude qui lui sera manifestée.
À cet effet – cette idée s’étant en chemin distinctement formée – il pénétrait avec cette parfaite aisance qu’il avait acquise concurremment à son enrichissement pécuniaire dans les boutiques de luxe qui s’alignent les unes après les autres sur la fameuse avenue new-yorkaise : les portes s’ouvraient en grand devant lui ; il faisait quelques pas à l’intérieur avant de s’arrêter sur place, scrutant alors le lieu d’un regard condescendant, suprêmement conscient de son élégance, de ses vêtements à la dernière mode moulés le long de son corps athlétique et élancé, de sa veste en vigogne taillée sur mesure, de son visage jeune et bien formé, prêt à lancer quelque impérieuse demande aux vendeurs s’élançant immédiatement vers lui, courbés et obséquieux, faisant librement chanter son accent français, pensant ainsi établir encore d’avantage son appartenance à ce monde de luxe et de magnificence.
David Bardessieu était un petit con imbu de lui-même. La calme reconnaissance de ce jugement de valeur péremptoire, subjectif, voire « gauchiste », mais à bien des égards tout à fait juste, ne l’empêchait certainement pas de jouir au maximum d’être lui-même, c’est-à-dire un petit con imbu de lui-même. Parce qu’il avait réussi dans la vie, qu’il gagnait des brouettées de fric, qu’il sautait une kyrielle de gonzesses, parce qu’il pouvait se conduire sans ridicule comme maître et possesseur du monde. Les autres... s’il daignait avoir une très brève pensée à leur encontre : qu’ils aillent au diable.
David Bardessieu était un individu vaniteux, prétentieux, insouciant et amorale, certes, mais il n’était pas un idiot : il avait parfaitement connaissance de ce qu’il était, c’est-à-dire ce qu’il pouvait être ou représenter aux yeux du monde et de la société, et même selon sa propre appréciation du jour. C’était là sa grande force : tous jugements, perceptions, conceptions – y compris les siens ! – en dernière analyse, il s’en contrefoutait royalement. Au fond, il était un libertin : le plaisir des sens, la satisfaction de ses désirs et lubies, rien d’autre ne lui importait véritablement. Et il ne prétendait pas autrement – qualité qui rachetait nombre de ses défauts : son honnêteté intellectuelle implacable.
« David, tu es un beau connard », lui arrivait-il de penser, un grand sourire intérieur de satisfaction, « mais ce soir, tu as ta place réservée dans un restaurant trois étoiles, tu vas déguster les mets les plus délicats, boire les vins les plus fins, puis, en digestif du jour, cette voluptueuse poire ukrainienne va te satisfaire à plusieurs reprises dans le confort somptueux de ton duplex dominant la ville.»
Le bonheur est une chose somme toute bien relative : il n’était finalement pas plus heureux maintenant qu’au temps de sa jeunesse estudiantine, quand, sans le sou, ascétique et austère dans son train de vie, il faisait néanmoins partie d’une bande de joyeux compères qui, autour d’un sandwich grec et d’un pack de bière bon marché, faisaient le monde à leur image, rigolards et insouciants. Il était même concevable que son opulence actuelle ne fut pas le facteur déterminant de son bonheur. Non, c’était, en vérité, une affaire de tournure d’esprit, un heureux hasard de circonstance : si sa fortune lui offrait sécurité et le gardait de la jalousie matérielle – l’un des maux les plus communs – ce qui le gardait de la jalousie spirituelle, si l’on peut dire, c’est qu’il n’éprouvait pas la moindre culpabilité non plus – l’un des maux les plus communs – ni n’éprouvait le besoin de monter des échafaudages branlants de justifications ou d’excuses. C’était bassement matériel, d’une brutalité tout à fait crasse, un état de fait favorable : il était riche et il en profitait sans se soucier de rien d’autre, d’aucune finalité ni d’aucune moralité. Alors, selon les conceptions communes, il avait bien conscience d’être un « beau connard » – il n’était pas idiot – mais, hé, volupté et plaisir des sens étaient tout ce qui lui importait – après tout, êtres éphémères, nous ne faisions que passer, autant en profiter le plus possible. Et si le monde est une scène de théâtre, autant alors jouer le rôle du roi, ou du gros capitaliste.
Dans une bijouterie dont l’emplacement discret au deuxième étage d’un immeuble quelconque n’était connu que des seul initiés, il laissa enfin tomber son « j’achète » régalien, à la grande joie du commissionnaire pimpant, sur un bracelet de diamants le moins original qui soit. Montant de la transaction : $12,000.
David Bardessieu connut ensuite un court moment d’hésitation : comment occuper le reste de sa journée ?
C’était une question cruciale. Il ne devait retrouver la plantureuse Anna qu’à sept heures ce soir, cela lui laissait beaucoup de temps libre. En jouisseur expert et avisé, il savait qu’il était essentiel non seulement de varier les plaisirs mais de ménager ceux-ci selon une gradation subtilement élaborée. Un plaisir ne saurait garder sa qualité de plaisir qu’à la condition d’être une satisfaction, c’est-à-dire partant d’un état de manque, l’assouvissement momentané d’un besoin ou d’une envie. Il est évidemment impossible de se maintenir en état permanent de jouissance, tout dans les choses humaines est histoire de balancier : plus vive sera la satisfaction si le désir a été préalablement creusé, en quelque sorte. Plus la faim est aigue, meilleur en sera le rassasiement. Bien entendu, David Bardessieu n’avait pas l’intention de se faire du « mal » pour connaître ensuite le plus possible de « bien », c’était simplement une question d’équilibre et d’alternance selon les situations. Pour lui, la balançoire des choses humaines oscillait entre la jouissance et un léger ennui, ou bien l’ataraxie fastidieuse du travail – la meilleure combinaison possible, croyait-il savoir.
Alors que faire ? À première vue, trois options semblaient s’offrir à lui : rentrer chez lui et passer l’après-midi à regarder le sport à la télévision – le choix du détachement télévisuel, avec en sus un bol de pop-corn ; rester en ville et occuper le vide en se promenant, en continuant à faire des emplettes, en se rendant au cinéma ou dans un spa quelconque et se faire masser – le choix de la récréation passe-temps, avec en sus la satisfaction de continuer à se manifester socialement dans tout son éclat ; enfin, se rendre à son bureau et abattre de la besogne – le choix utilitaire, avec en sus qu’il n’aura pas perdu son temps de suspension entre sommeil et jouissance.
Bien sûr, après plus mûre réflexion, de nombreuses autres options étaient à la disposition d’un homme tel que David Bardessieu : il pouvait très bien, par exemple, si la fantaisie lui en venait, louer un hélicoptère et se faire déposer en quelques minutes sur le terrain de golf d’un prestigieux country-club, ou bien à sa résidence secondaire en bord de mer dans les Hampton, et, de là, sauter dans son voilier et faire un tour en mer, et rêvasser bercé par l’immensité océanique, et être de retour en ville pour l’heure du dîner...
Mais il choisit le bureau. C’était là une des clefs essentielles de sa réussite exceptionnelle : il aimait son travail, autant pour lui-même que parce qu’il était ridiculement bien rémunérateur. Il n’éprouvait pas la sensation de se soumettre à quelque injonction responsable pour se rendre à son bureau, il le faisait de bon cœur. Ingénieur de formation, il éprouvait un grand contentement à faire des calculs complexes et manier des statistiques de haut vol et trouver des solutions élégantes à des problèmes d’une extrême sophistication. Le fond ne l’intéressait pas réellement : faire, à partir de grosses sommes d’argent, toujours plus de grosses sommes d’argent. Ainsi qu’en soi, par exemple, considérée selon sa visée, une alarme de voiture est fort peu passionnante, les raffinements de son système électronique ainsi que les possibilités de le perfectionner et d’augmenter son efficacité peuvent, par contre, s’avérer présenter des gageures très excitantes.
Il sauta donc dans un taxi et se fit conduire Midtown, à l’angle de la 5ème Avenue et de la 48ème Rue, au pied de la haute tour de verre abritant les locaux du DUB & RAP Investment Group, société à responsabilité limitée, détenue, présidée et dirigée par David Ulysse Bardessieu, le DUB, et son associé turco hongrois le RAP, Rachid Alpharabius Paprika.
Rachid Alpharabius Paprika, plus communément dénommé Ralph ou Alpha Pap par ses nombreux amis et connaissances, n’était en vérité ni turco ni hongrois, ni d’ailleurs ne s’appelait réellement Rachid Alpharabius Paprika.
Même au terme des évènements extraordinaires qui allaient se jouer autour de sa disparition, le mystère entourant sa véritable identité n’a jamais été véritablement percé. Certains ont prétendu qu’il était en réalité le « Second Maître » en personne, le grand philosophe perse Muhammad al-Farabi – mais c’était évidemment une aberration, il aurait alors été âgé de plus de mille ans !
Voici ce que David Bardessieu, ainsi que ses amis et connaissances, croyaient savoir de la vie du toujours très digne R. A. Paprika : né d’un père hongrois, érudit spécialiste de la mystique Soufi, et d’une mère issue d’une vieille famille stambouliote, il aurait grandi à Istanbul, à Zurich, à Paris et à Londres – il maniait effectivement avec une belle aisance, outre l’anglais, le hongrois et le turc, le français et l’allemand, de même d’ailleurs que l’italien, l’espagnol, l’arabe, l’hébreu et le grec – puis serait venu aux États-Unis pour étudier à Harvard et au M.I.T.
C’est au sein de cette dernière institution, une dizaine d’années plus tôt, que Bardessieu fit sa connaissance et que se tissa entre eux les liens d’une amitié peu loquace mais solide, conduisant, dès après l’obtention de leur diplôme, à leur association professionnelle et financière et à leur fulgurant enrichissement en commun. Ils employaient désormais plus d’une vingtaine de traders et d’analystes et occupaient tout le trente-huitième étage d’une tour du Rockefeller Center, en plein centre de l’univers.
C’était un homme mystérieux, certes, mais de là à suspecter qu’il fût capable de mener de telles activités... D’ailleurs, tandis qu’il montait en ascenseur vers leurs bureaux, David Bardessieu eut cette pensée émue : cette fripouille de Ralph sera-t-il lui aussi venu travailler ce samedi, ainsi que cela lui arrive fréquemment ? Si oui, il devrait alors essayer de le convaincre d’aller boire un verre et de catch up, comme ils disent dans ce pays – cela faisait bien longtemps qu’ils n’avaient pas eu le loisir de converser et de prendre des nouvelles l’un de l’autre.
C’était dans cet état d’esprit plutôt guilleret, espérant même maintenant rencontrer son associé ordinairement si solitaire, qu’il fit glisser sa clef magnétique afin d’ouvrir les portes vitrées donnant sur le bureau de réception au-dessous de l’inscription en lettres géantes : DUB & RAP. Tout de suite, il eut cette impression que quelque chose n’allait pas. Tout semblait calme, les bureaux les uns à côtés des autres, en open space, sans cloisons ni séparations entre eux pour mettre l’accent sur la transparence et l’esprit d’équipe, l’alignement des stations de travail Bloomberg avec leurs deux écrans déconnectées pour le week-end, tout semblait à sa place et pourtant il eut l’intuition d’une présence étrangère, d’un danger même peut-être.
« Is there anyone here ? », appela-t-il d’une voix qu’il voulut forte et sonore mais qui se brisa en cours de route. Il dut recommencer, et cette fois-ci, se concentrant sur son souffle, il émit la sommation d’une voix retentissante de baryton : « Hello ? Show yourself ! »
Puis, interrogatif aigu : « Ralph, c’est toi ? »
Il était sûr désormais qu’il n’était pas seul dans les bureaux. Il vit passer une ombre, il aurait pu en jurer, courant furtivement dans le coin de son regard. Puis il entendit un bruit, un froissement et un léger craquement.
Il y avait effectivement une présence étrangère !
Qui ? Un cambrioleur ou un espion à la solde d’un concurrent, à la recherche d’informations sur leurs clients ou sur leurs pratiques à la limite de la légalité peut-être, numéros de comptes off-shore, dummy companies et fraudes fiscales ?
David Bardessieu se raidit sur place et appela une nouvelle fois : « I’m calling the police ! »
Et effectivement, il se saisit de son iPhone, mais il ne composa pas 911 ainsi qu’il en avait eu d’abord l’intention : il lui sembla avoir aperçu l’individu tenter de se dérober vers les escaliers de la sortie de secours.
« Qui ose pénétrer ainsi dans mes bureaux ! » - cette pensée ne fut pas exactement formulée mais elle fut vive, elle s’empara de lui et lui fit oublier toutes précautions : sans réfléchir plus outre, il se jeta en avant afin de s’interposer entre l’ombre monte-en-l’air et la sortie.
« Stop ! », cria-t-il impérieusement.
David Bardessieu n’eut pas le temps de voir l’individu, ni d’entendre le coup de feu : les lumières s’éteignirent et il s’abattit à terre de tout son long.
Ce ne fut que plusieurs semaines de lutte acharnée plus tard qu’il apprit : d’abord qu’on lui avait tiré dessus ; ensuite, à son grand effroi, que la balle l’avait atteint en pleine tête, traversant l’hémisphère gauche de son cerveau et causant des dommages irréparables. C’était un miracle qu’il ait survécu, mais désormais plus rien ne serait pareil pour lui.
Oisif en ce samedi matin, David Bardessieu avait décidé d’aller se promener et de faire les boutiques sur Madison – avec probablement déjà l’intention, mais non encore expressément formulée, simple intuition s’élaborant afin de donner un sens à sa sortie, d’acquérir quelque babiole onéreuse à offrir ensuite avec une tendre désinvolture à l’une de ses girlfriends, puis... de récolter en sybarite raffiné la juste gratitude qui lui sera manifestée.
À cet effet – cette idée s’étant en chemin distinctement formée – il pénétrait avec cette parfaite aisance qu’il avait acquise concurremment à son enrichissement pécuniaire dans les boutiques de luxe qui s’alignent les unes après les autres sur la fameuse avenue new-yorkaise : les portes s’ouvraient en grand devant lui ; il faisait quelques pas à l’intérieur avant de s’arrêter sur place, scrutant alors le lieu d’un regard condescendant, suprêmement conscient de son élégance, de ses vêtements à la dernière mode moulés le long de son corps athlétique et élancé, de sa veste en vigogne taillée sur mesure, de son visage jeune et bien formé, prêt à lancer quelque impérieuse demande aux vendeurs s’élançant immédiatement vers lui, courbés et obséquieux, faisant librement chanter son accent français, pensant ainsi établir encore d’avantage son appartenance à ce monde de luxe et de magnificence.
David Bardessieu était un petit con imbu de lui-même. La calme reconnaissance de ce jugement de valeur péremptoire, subjectif, voire « gauchiste », mais à bien des égards tout à fait juste, ne l’empêchait certainement pas de jouir au maximum d’être lui-même, c’est-à-dire un petit con imbu de lui-même. Parce qu’il avait réussi dans la vie, qu’il gagnait des brouettées de fric, qu’il sautait une kyrielle de gonzesses, parce qu’il pouvait se conduire sans ridicule comme maître et possesseur du monde. Les autres... s’il daignait avoir une très brève pensée à leur encontre : qu’ils aillent au diable.
David Bardessieu était un individu vaniteux, prétentieux, insouciant et amorale, certes, mais il n’était pas un idiot : il avait parfaitement connaissance de ce qu’il était, c’est-à-dire ce qu’il pouvait être ou représenter aux yeux du monde et de la société, et même selon sa propre appréciation du jour. C’était là sa grande force : tous jugements, perceptions, conceptions – y compris les siens ! – en dernière analyse, il s’en contrefoutait royalement. Au fond, il était un libertin : le plaisir des sens, la satisfaction de ses désirs et lubies, rien d’autre ne lui importait véritablement. Et il ne prétendait pas autrement – qualité qui rachetait nombre de ses défauts : son honnêteté intellectuelle implacable.
« David, tu es un beau connard », lui arrivait-il de penser, un grand sourire intérieur de satisfaction, « mais ce soir, tu as ta place réservée dans un restaurant trois étoiles, tu vas déguster les mets les plus délicats, boire les vins les plus fins, puis, en digestif du jour, cette voluptueuse poire ukrainienne va te satisfaire à plusieurs reprises dans le confort somptueux de ton duplex dominant la ville.»
Le bonheur est une chose somme toute bien relative : il n’était finalement pas plus heureux maintenant qu’au temps de sa jeunesse estudiantine, quand, sans le sou, ascétique et austère dans son train de vie, il faisait néanmoins partie d’une bande de joyeux compères qui, autour d’un sandwich grec et d’un pack de bière bon marché, faisaient le monde à leur image, rigolards et insouciants. Il était même concevable que son opulence actuelle ne fut pas le facteur déterminant de son bonheur. Non, c’était, en vérité, une affaire de tournure d’esprit, un heureux hasard de circonstance : si sa fortune lui offrait sécurité et le gardait de la jalousie matérielle – l’un des maux les plus communs – ce qui le gardait de la jalousie spirituelle, si l’on peut dire, c’est qu’il n’éprouvait pas la moindre culpabilité non plus – l’un des maux les plus communs – ni n’éprouvait le besoin de monter des échafaudages branlants de justifications ou d’excuses. C’était bassement matériel, d’une brutalité tout à fait crasse, un état de fait favorable : il était riche et il en profitait sans se soucier de rien d’autre, d’aucune finalité ni d’aucune moralité. Alors, selon les conceptions communes, il avait bien conscience d’être un « beau connard » – il n’était pas idiot – mais, hé, volupté et plaisir des sens étaient tout ce qui lui importait – après tout, êtres éphémères, nous ne faisions que passer, autant en profiter le plus possible. Et si le monde est une scène de théâtre, autant alors jouer le rôle du roi, ou du gros capitaliste.
Dans une bijouterie dont l’emplacement discret au deuxième étage d’un immeuble quelconque n’était connu que des seul initiés, il laissa enfin tomber son « j’achète » régalien, à la grande joie du commissionnaire pimpant, sur un bracelet de diamants le moins original qui soit. Montant de la transaction : $12,000.
David Bardessieu connut ensuite un court moment d’hésitation : comment occuper le reste de sa journée ?
C’était une question cruciale. Il ne devait retrouver la plantureuse Anna qu’à sept heures ce soir, cela lui laissait beaucoup de temps libre. En jouisseur expert et avisé, il savait qu’il était essentiel non seulement de varier les plaisirs mais de ménager ceux-ci selon une gradation subtilement élaborée. Un plaisir ne saurait garder sa qualité de plaisir qu’à la condition d’être une satisfaction, c’est-à-dire partant d’un état de manque, l’assouvissement momentané d’un besoin ou d’une envie. Il est évidemment impossible de se maintenir en état permanent de jouissance, tout dans les choses humaines est histoire de balancier : plus vive sera la satisfaction si le désir a été préalablement creusé, en quelque sorte. Plus la faim est aigue, meilleur en sera le rassasiement. Bien entendu, David Bardessieu n’avait pas l’intention de se faire du « mal » pour connaître ensuite le plus possible de « bien », c’était simplement une question d’équilibre et d’alternance selon les situations. Pour lui, la balançoire des choses humaines oscillait entre la jouissance et un léger ennui, ou bien l’ataraxie fastidieuse du travail – la meilleure combinaison possible, croyait-il savoir.
Alors que faire ? À première vue, trois options semblaient s’offrir à lui : rentrer chez lui et passer l’après-midi à regarder le sport à la télévision – le choix du détachement télévisuel, avec en sus un bol de pop-corn ; rester en ville et occuper le vide en se promenant, en continuant à faire des emplettes, en se rendant au cinéma ou dans un spa quelconque et se faire masser – le choix de la récréation passe-temps, avec en sus la satisfaction de continuer à se manifester socialement dans tout son éclat ; enfin, se rendre à son bureau et abattre de la besogne – le choix utilitaire, avec en sus qu’il n’aura pas perdu son temps de suspension entre sommeil et jouissance.
Bien sûr, après plus mûre réflexion, de nombreuses autres options étaient à la disposition d’un homme tel que David Bardessieu : il pouvait très bien, par exemple, si la fantaisie lui en venait, louer un hélicoptère et se faire déposer en quelques minutes sur le terrain de golf d’un prestigieux country-club, ou bien à sa résidence secondaire en bord de mer dans les Hampton, et, de là, sauter dans son voilier et faire un tour en mer, et rêvasser bercé par l’immensité océanique, et être de retour en ville pour l’heure du dîner...
Mais il choisit le bureau. C’était là une des clefs essentielles de sa réussite exceptionnelle : il aimait son travail, autant pour lui-même que parce qu’il était ridiculement bien rémunérateur. Il n’éprouvait pas la sensation de se soumettre à quelque injonction responsable pour se rendre à son bureau, il le faisait de bon cœur. Ingénieur de formation, il éprouvait un grand contentement à faire des calculs complexes et manier des statistiques de haut vol et trouver des solutions élégantes à des problèmes d’une extrême sophistication. Le fond ne l’intéressait pas réellement : faire, à partir de grosses sommes d’argent, toujours plus de grosses sommes d’argent. Ainsi qu’en soi, par exemple, considérée selon sa visée, une alarme de voiture est fort peu passionnante, les raffinements de son système électronique ainsi que les possibilités de le perfectionner et d’augmenter son efficacité peuvent, par contre, s’avérer présenter des gageures très excitantes.
Il sauta donc dans un taxi et se fit conduire Midtown, à l’angle de la 5ème Avenue et de la 48ème Rue, au pied de la haute tour de verre abritant les locaux du DUB & RAP Investment Group, société à responsabilité limitée, détenue, présidée et dirigée par David Ulysse Bardessieu, le DUB, et son associé turco hongrois le RAP, Rachid Alpharabius Paprika.
Rachid Alpharabius Paprika, plus communément dénommé Ralph ou Alpha Pap par ses nombreux amis et connaissances, n’était en vérité ni turco ni hongrois, ni d’ailleurs ne s’appelait réellement Rachid Alpharabius Paprika.
Même au terme des évènements extraordinaires qui allaient se jouer autour de sa disparition, le mystère entourant sa véritable identité n’a jamais été véritablement percé. Certains ont prétendu qu’il était en réalité le « Second Maître » en personne, le grand philosophe perse Muhammad al-Farabi – mais c’était évidemment une aberration, il aurait alors été âgé de plus de mille ans !
Voici ce que David Bardessieu, ainsi que ses amis et connaissances, croyaient savoir de la vie du toujours très digne R. A. Paprika : né d’un père hongrois, érudit spécialiste de la mystique Soufi, et d’une mère issue d’une vieille famille stambouliote, il aurait grandi à Istanbul, à Zurich, à Paris et à Londres – il maniait effectivement avec une belle aisance, outre l’anglais, le hongrois et le turc, le français et l’allemand, de même d’ailleurs que l’italien, l’espagnol, l’arabe, l’hébreu et le grec – puis serait venu aux États-Unis pour étudier à Harvard et au M.I.T.
C’est au sein de cette dernière institution, une dizaine d’années plus tôt, que Bardessieu fit sa connaissance et que se tissa entre eux les liens d’une amitié peu loquace mais solide, conduisant, dès après l’obtention de leur diplôme, à leur association professionnelle et financière et à leur fulgurant enrichissement en commun. Ils employaient désormais plus d’une vingtaine de traders et d’analystes et occupaient tout le trente-huitième étage d’une tour du Rockefeller Center, en plein centre de l’univers.
C’était un homme mystérieux, certes, mais de là à suspecter qu’il fût capable de mener de telles activités... D’ailleurs, tandis qu’il montait en ascenseur vers leurs bureaux, David Bardessieu eut cette pensée émue : cette fripouille de Ralph sera-t-il lui aussi venu travailler ce samedi, ainsi que cela lui arrive fréquemment ? Si oui, il devrait alors essayer de le convaincre d’aller boire un verre et de catch up, comme ils disent dans ce pays – cela faisait bien longtemps qu’ils n’avaient pas eu le loisir de converser et de prendre des nouvelles l’un de l’autre.
C’était dans cet état d’esprit plutôt guilleret, espérant même maintenant rencontrer son associé ordinairement si solitaire, qu’il fit glisser sa clef magnétique afin d’ouvrir les portes vitrées donnant sur le bureau de réception au-dessous de l’inscription en lettres géantes : DUB & RAP. Tout de suite, il eut cette impression que quelque chose n’allait pas. Tout semblait calme, les bureaux les uns à côtés des autres, en open space, sans cloisons ni séparations entre eux pour mettre l’accent sur la transparence et l’esprit d’équipe, l’alignement des stations de travail Bloomberg avec leurs deux écrans déconnectées pour le week-end, tout semblait à sa place et pourtant il eut l’intuition d’une présence étrangère, d’un danger même peut-être.
« Is there anyone here ? », appela-t-il d’une voix qu’il voulut forte et sonore mais qui se brisa en cours de route. Il dut recommencer, et cette fois-ci, se concentrant sur son souffle, il émit la sommation d’une voix retentissante de baryton : « Hello ? Show yourself ! »
Puis, interrogatif aigu : « Ralph, c’est toi ? »
Il était sûr désormais qu’il n’était pas seul dans les bureaux. Il vit passer une ombre, il aurait pu en jurer, courant furtivement dans le coin de son regard. Puis il entendit un bruit, un froissement et un léger craquement.
Il y avait effectivement une présence étrangère !
Qui ? Un cambrioleur ou un espion à la solde d’un concurrent, à la recherche d’informations sur leurs clients ou sur leurs pratiques à la limite de la légalité peut-être, numéros de comptes off-shore, dummy companies et fraudes fiscales ?
David Bardessieu se raidit sur place et appela une nouvelle fois : « I’m calling the police ! »
Et effectivement, il se saisit de son iPhone, mais il ne composa pas 911 ainsi qu’il en avait eu d’abord l’intention : il lui sembla avoir aperçu l’individu tenter de se dérober vers les escaliers de la sortie de secours.
« Qui ose pénétrer ainsi dans mes bureaux ! » - cette pensée ne fut pas exactement formulée mais elle fut vive, elle s’empara de lui et lui fit oublier toutes précautions : sans réfléchir plus outre, il se jeta en avant afin de s’interposer entre l’ombre monte-en-l’air et la sortie.
« Stop ! », cria-t-il impérieusement.
David Bardessieu n’eut pas le temps de voir l’individu, ni d’entendre le coup de feu : les lumières s’éteignirent et il s’abattit à terre de tout son long.
Ce ne fut que plusieurs semaines de lutte acharnée plus tard qu’il apprit : d’abord qu’on lui avait tiré dessus ; ensuite, à son grand effroi, que la balle l’avait atteint en pleine tête, traversant l’hémisphère gauche de son cerveau et causant des dommages irréparables. C’était un miracle qu’il ait survécu, mais désormais plus rien ne serait pareil pour lui.
Idées et principes directeurs 1
Cher co-conspirateur, je n’ai pas encore de plan bien défini à te proposer, mais je propose que nous établissions en premier lieu quelques règles d’écriture, puis que nous nous lancions dans la rédaction… et nous verrons bien en chemin où ça nous mène. Si ton sens de la structure est outré par une telle proposition, je suis aussi tout à fait ouvert à une phase anté-écriture de mise en plan. Dis-moi ce que tu en penses.
Ecriture à quatre mains :
- Le plus évident serait que nous travaillions chacun un personnage différent, et de même que nous écrivions chacun un chapitre alternativement – pour le moins dans un premier temps. On pourrait imaginer une intrigue réunissant éventuellement nos deux personnages – dont les histoires se déroulaient jusque-là séparément – à un moment clef et poursuivant ensuite leur « quête » ensemble.
- Si une telle idée t’agrée, un minimum de travail préparatoire en commun est nécessaire. Nous pouvons laisser libre cours à notre imagination et notre fantaisie pour créer notre personnage et son environnement social, ainsi que sa « voix narrative ». Ce qu’il nous faut néanmoins, c’est une bribe d’intrigue et une idée de direction générale, afin que plus tard la rencontre de nos héros soit cohérente et même, j’ose dire, nécessaire.
Intrigue :
- C’est le plus difficile ! – à mon avis. D’abord entendons-nous sur un genre. Je vote, quant à moi, pour une intrigue « policière » - c’est-à-dire un mystère qui déclenche l’histoire et une recherche subséquente de sens et d’informations (bien sûr avec plus ou moins d’ironie) – et pourquoi ne pas flirter aussi, si on le sent, avec le fantastique ou la science-fiction… Je pense qu’il ne faut pas avoir peur de se laisser porter par notre imagination…
- De même, je pense qu’il serait intéressant que notre histoire dessine, tout du moins en arrière-plan, un portrait de notre génération ( !! – soyons un peu ambitieux tout de même). Que nos personnages s’inscrivent dans le temps et le milieu qui sont les nôtres, enfin que nous parlions un peu des « illusions perdues » des trentenaires d’aujourd’hui… Qu’en penses-tu ? Idéalement, notre idée de mystère devrait servir cette idée : la « quête » serait alors une allégorie de la recherche de sens pour notre époque – yeah !!
- Voici, grosso modo, ce que j’imagine : au départ donc deux personnages, l’un à NY – le mien – l’autre où cela te chante, bien entendu (mais j’ose imaginer Paris). Ils ne se connaissent pas mais ils ont un ami en commun. Cet ami serait un personnage énigmatique et secret qui les fascinerait l’un et l’autre chacun à sa façon. Or, un beau jour, cet ami disparaitrait dans des circonstances mystérieuses… Nos deux personnages se lanceraient alors, chacun de leur côté, à la recherche de leur ami. Ils découvriraient alors parallèlement des informations différentes sur l’individu, perceraient chacun de leur côté une série de secret le concernant – découvrant alors toutes sortes de choses fascinantes, n’est-ce pas : par exemple, qu’il n’est pas celui qu’il prétendait être, qu’il est impliqué dans des mystères cosmiques ou des intrigues internationales, que sais-je… - puis finalement se retrouveraient ensemble… Dans ma tête le mystérieux ami de nos personnages a déjà un nom : Rachid Alpharabius Paprika (Alpharabius étant le nom latinisé du grand philosophe musulman Al-Farabi…ouvrant la porte à des choses mystiques et merveilleuses… Tu connais mes penchants), et notre histoire s’appelle « La mystérieuse disparition de Rachid Alpharabius Paprika ».
La quête – principe directeur :
- Pour la quête, et la découverte successives de « secrets », j’aimerais m’appuyer sur un texte du philosophe slovène Slavoj Zizek, dans un texte publié dans le London Review of Books dont voici un court extrait (je pourrais te transmettre le texte intégral si tu le désires) :
« Consider too the renewed popularity of Leo Strauss: the aspect of his political thought that is so relevant today is his elitist notion of democracy, the idea of the ‘necessary lie’. Elites should rule, aware of the actual state of things (the materialist logic of power), and feed the people fables to keep them happy in their blessed ignorance. For Strauss, Socrates was guilty as charged: philosophy is a threat to society. Questioning the gods and the ethos of the city undermines the citizens’ loyalty, and thus the basis of normal social life. Yet philosophy is also the highest, the worthiest, of human endeavours. The solution proposed was that philosophers keep their teachings secret, as in fact they did, passing them on by writing ‘between the lines’. The true, hidden message contained in the ‘great tradition’ of philosophy from Plato to Hobbes and Locke is that there are no gods, that morality is merely prejudice, and that society is not grounded in nature. »
Voilà, c’est bien vague, mais je pense que cela peut servir de départ. Bien sûr si tout cela te déplaît, je suis ouvert à toutes suggestions : préfèrerais-tu un roman d’étude de mœurs placé dans un microcosme parisien, ou une histoire de vaisseaux spatiaux, je serais tout aussi intéressé… De même, si tu souhaites procéder autrement, discutons-en.
J’attends donc anxieusement tes suggestions, idées, désirs, etc., de même que ton idée de « mystère ».
En attendant, je vais poster très bientôt (j’espère ce soir – heure new-yorkaise) une ébauche de premier chapitre.
Au boulot !!
Ecriture à quatre mains :
- Le plus évident serait que nous travaillions chacun un personnage différent, et de même que nous écrivions chacun un chapitre alternativement – pour le moins dans un premier temps. On pourrait imaginer une intrigue réunissant éventuellement nos deux personnages – dont les histoires se déroulaient jusque-là séparément – à un moment clef et poursuivant ensuite leur « quête » ensemble.
- Si une telle idée t’agrée, un minimum de travail préparatoire en commun est nécessaire. Nous pouvons laisser libre cours à notre imagination et notre fantaisie pour créer notre personnage et son environnement social, ainsi que sa « voix narrative ». Ce qu’il nous faut néanmoins, c’est une bribe d’intrigue et une idée de direction générale, afin que plus tard la rencontre de nos héros soit cohérente et même, j’ose dire, nécessaire.
Intrigue :
- C’est le plus difficile ! – à mon avis. D’abord entendons-nous sur un genre. Je vote, quant à moi, pour une intrigue « policière » - c’est-à-dire un mystère qui déclenche l’histoire et une recherche subséquente de sens et d’informations (bien sûr avec plus ou moins d’ironie) – et pourquoi ne pas flirter aussi, si on le sent, avec le fantastique ou la science-fiction… Je pense qu’il ne faut pas avoir peur de se laisser porter par notre imagination…
- De même, je pense qu’il serait intéressant que notre histoire dessine, tout du moins en arrière-plan, un portrait de notre génération ( !! – soyons un peu ambitieux tout de même). Que nos personnages s’inscrivent dans le temps et le milieu qui sont les nôtres, enfin que nous parlions un peu des « illusions perdues » des trentenaires d’aujourd’hui… Qu’en penses-tu ? Idéalement, notre idée de mystère devrait servir cette idée : la « quête » serait alors une allégorie de la recherche de sens pour notre époque – yeah !!
- Voici, grosso modo, ce que j’imagine : au départ donc deux personnages, l’un à NY – le mien – l’autre où cela te chante, bien entendu (mais j’ose imaginer Paris). Ils ne se connaissent pas mais ils ont un ami en commun. Cet ami serait un personnage énigmatique et secret qui les fascinerait l’un et l’autre chacun à sa façon. Or, un beau jour, cet ami disparaitrait dans des circonstances mystérieuses… Nos deux personnages se lanceraient alors, chacun de leur côté, à la recherche de leur ami. Ils découvriraient alors parallèlement des informations différentes sur l’individu, perceraient chacun de leur côté une série de secret le concernant – découvrant alors toutes sortes de choses fascinantes, n’est-ce pas : par exemple, qu’il n’est pas celui qu’il prétendait être, qu’il est impliqué dans des mystères cosmiques ou des intrigues internationales, que sais-je… - puis finalement se retrouveraient ensemble… Dans ma tête le mystérieux ami de nos personnages a déjà un nom : Rachid Alpharabius Paprika (Alpharabius étant le nom latinisé du grand philosophe musulman Al-Farabi…ouvrant la porte à des choses mystiques et merveilleuses… Tu connais mes penchants), et notre histoire s’appelle « La mystérieuse disparition de Rachid Alpharabius Paprika ».
La quête – principe directeur :
- Pour la quête, et la découverte successives de « secrets », j’aimerais m’appuyer sur un texte du philosophe slovène Slavoj Zizek, dans un texte publié dans le London Review of Books dont voici un court extrait (je pourrais te transmettre le texte intégral si tu le désires) :
« Consider too the renewed popularity of Leo Strauss: the aspect of his political thought that is so relevant today is his elitist notion of democracy, the idea of the ‘necessary lie’. Elites should rule, aware of the actual state of things (the materialist logic of power), and feed the people fables to keep them happy in their blessed ignorance. For Strauss, Socrates was guilty as charged: philosophy is a threat to society. Questioning the gods and the ethos of the city undermines the citizens’ loyalty, and thus the basis of normal social life. Yet philosophy is also the highest, the worthiest, of human endeavours. The solution proposed was that philosophers keep their teachings secret, as in fact they did, passing them on by writing ‘between the lines’. The true, hidden message contained in the ‘great tradition’ of philosophy from Plato to Hobbes and Locke is that there are no gods, that morality is merely prejudice, and that society is not grounded in nature. »
Voilà, c’est bien vague, mais je pense que cela peut servir de départ. Bien sûr si tout cela te déplaît, je suis ouvert à toutes suggestions : préfèrerais-tu un roman d’étude de mœurs placé dans un microcosme parisien, ou une histoire de vaisseaux spatiaux, je serais tout aussi intéressé… De même, si tu souhaites procéder autrement, discutons-en.
J’attends donc anxieusement tes suggestions, idées, désirs, etc., de même que ton idée de « mystère ».
En attendant, je vais poster très bientôt (j’espère ce soir – heure new-yorkaise) une ébauche de premier chapitre.
Au boulot !!
lundi 25 avril 2011
Let's get started
Nous y voilà. Dos au mur !
Je ne sais pas comment créer de catégories sous blogspot, je propose donc que nous nous servions des "libellés", là, en bas à droite quand tu écris un nouveau message, plutôt que les "pages" qui me semblent bien compliquées à gérer. Genre "piste + nom" pour les idées, "commentaires + nom", "infos" (comme pour ce message inutile), etc., histoire qu'on s'y retrouve un peu. Poste donc ton idée de mystère, on peut essayer de travailler ça en premier. De mon côté, j'en ai aussi un sous le coude, ça nous fera deux sujets. Je développerai dans un autre post.
Yes !
Je ne sais pas comment créer de catégories sous blogspot, je propose donc que nous nous servions des "libellés", là, en bas à droite quand tu écris un nouveau message, plutôt que les "pages" qui me semblent bien compliquées à gérer. Genre "piste + nom" pour les idées, "commentaires + nom", "infos" (comme pour ce message inutile), etc., histoire qu'on s'y retrouve un peu. Poste donc ton idée de mystère, on peut essayer de travailler ça en premier. De mon côté, j'en ai aussi un sous le coude, ça nous fera deux sujets. Je développerai dans un autre post.
Yes !
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